vendredi 2 décembre 2016

Et donc, le NaNoWriMo 2016

Salut à toi lecteurice !
Ouais, j'ai changé le design. Et je n'en suis toujours pas satisfaite. Parce que je ne serais jamais satisfaite de quoi que ce soit de toute façon, j'ai l'impression (mon cerveau qui est bien trop perfectionniste pour ça) alors so be it.
Du coup rentrons dans le vif du sujet : le Nano.
J'ai tenu un journal tous les jours (sauf quatre jours (ou trois, j'en sais rien en fait) où j'étais en mode "non la vie non" du coup j'ai pas écris parce que ça allait beaucoup trop mal) avec le compte de mots, mon état d'esprit, si ça avait été facile ou pas et où j'en étais de ce que j'écrivais.
Donc je vais te remettre le journal de tous les jours puis je reviendrais sur qu'est-ce que j'ai foutu en vrai dans ce Nano, ce que je retiens et qui était cool et ce qui était pas cool.
[Je vous ai rajouté à côté du jour l'objectif qu'il fallait atteindre dans la journée parce que même moi souvent je savais pas vraiment].
[Comme cet article est super long tu peux aller à après le journal directement si tu veux].

J'ai décidé de t'illustrer cet article avec des photos prisent pendant la rando que j'ai faite juste le lendemain du Nano.

Journal du Nano

Jour 1 : 1 666

J'ai écrit 3336 mots, sans faire de remplissage, et là je vais faire le travail pour les cours. Je suis arrivée à un paragraphe de la fin du chapitre 7, et si chacun de mes chapitres fait environ huit pages, j'aurais du mal à arriver au bout du livre avant de finir le Nano.
J'ai écris en sprint ce matin, et puis plus lentement, mais je crois que si je fractionne bien mes périodes d'écriture ça devrait aller.

Jour 2 : 3 333

Le pallier des 5000 mots a été atteint. Je suis toujours dans les temps pour finir en avance (d'après le site j'atteindrais les 50k le 20 novembre mais pour le moment ça ne veut pas dire grand-chose). J'ai écris 1845 mots, ce qui m'amène à un total de 5181 mots - en seulement deux jours mais quelle est cette folie. Je vais voir pour participer à des write-ins à Grenoble. J'en suis au début-milieu du chapitre 8, toujours pas trop de remplissage même si c'était un peu plus dur qu'hier parce que pleins de personnages s'introduisaient et que c'était chaud. Aussi, j'ai investis dans la version complète de Write or Die et c'est plutôt pas mal comme logiciel (et je veux un peu me marier avec je crois)

Jour 3 : 5 000

J'en suis à 6105 mots. Le jeudi n'est vraiment pas "la" journée pour écrire (et surtout pas aujourd'hui). Mais demain j'ai pas mal de temps et un cours dans lequel je peux me dispenser de prendre des notes (oui j'ai un peu honte de moi).
Du coup au final je n'ai écris que 924 mots aujourd'hui, c'est franchement peu. Mais j'ai écris une scène imprévue très intéressante. J'en suis toujours quelque part dans le chapitre 8, comme ce chapitre c'est un gros bordel de voix intérieures je vais les laisser toutes émerger, c'est un peu ce avec quoi je suis le plus à l'aise donc je m'amuse bien.

Jour 4 : 6 666

J'ai écris environ 2000 mots ce matin pendant les deux heures de cours. J'ai bouclé le chapitre 8, et le soir j'ai attaqué le chapitre 9. J'en suis à 10 000 mots, j'ai donc officiellement fait 20% du Nano (et j'ai donc écris presque 4000 mots dans la journée - 3897 pour être exact). Par contre les devoirs c'est pas franchement ça mais j'ai du mal à lâcher l'écriture pour faire d'autres choses ennuyeuses (version latine c'est de toi que je parle).

Jour 5 : 8 333

C'est le jour 5 ! Je suis allée à mon premier write-in, on était 4, c'était assez cool de parler d'écriture avec d'autres gens. J'en suis donc à 12 396 mots. Et j'ai écris 2394 mots avec les gens (j'allais tellement viiiite j'écrivais environ deux fois plus que tout le monde à chaque sprint). J'ai donc environ 4000 mots d'avance. J'ai bien progressé dans le chapitre 9, je devrais le terminer demain ou lundi (j'ai beaucoup de travail à abattre avant (foutue version)).

Jour 6 : 10 000

Je crois que j'ai écris 500 mots en versant toutes les larmes de mon corps. Au moins ça a apporté de la profondeur au personnage d'Adriana.

Jour 7 : 11 666

1241 mots d'écrits. Je n'arrive pas à rentrer dans ce foutu chapitre 7 [enfin 9, du coup, n'est-ce pas moi] et j'ai trop de travail - ça m'apprendra à avoir privilégié le repos pendant les vacances. Mais quand même, 14 108 mots.

Jour 8 : 13 333

350 mots écris. J'ai passé 4h sur une dissertation et une heure et demi à apprendre le polonais, donc je n'ai rien pu écrire, et là je suis épuisé. Demain je vais au write-in et (mais pas en approches Caatistes puisque non) donc ça devrait me redonner un coup de fouet. J'en suis à 14 458 mots - toujours dans les temps, à ce rythme je termine le 28 octobre, 1807 mots de moyenne/jour, etc...
Je suis ultra crevé.

Jour 9 : 15 000

Write-in de 16h à 20h aujourd'hui (il fallait bien se changer les idées avec toutes les mauvaises nouvelles qui sont tombées). J'ai rencontré une fille qui passe l'agreg (elle est géniale) et j'ai écris 3464 mots. Le chapitre 9 est décoincé. La fin arrive rapidement, c'est fou. J'en sis à 17 922 mots, je vais voir si je peux arriver à la moitié (les 25k, donc) dimanche. Je suis toujours en avance et j'aime beaucoup ce que je suis en train d'écrire, donc c'est plutôt cool.




Jour 10 : 16 666

616 mots d'écrits. J'étais parti pour avoir au moins la moyenne du jour; et puis des trucs sont arrivés, et voilà. J'ai quand même terminé le chapitre 10, et avancé le chapitre 11. La fin du livre approche de plus en plus ça fait tout étrange. On verra ce que ça va donner l'écriture pendant le long week-end.

Jour 11 : 18 333

C'est les trois derniers chapitres, ceux qui me font des trous dans le cœur et que je ne peux pas écrire si je n'ai pas le Fou [dans le journal je lui donne son vrai prénom mais bon anonymat toussa toussa] à côté de moi. J'écris avec mes angoisses, avec l'impensable-qui-ne-doit-jamais-arriver alors c'est dur.
1763 mots d'écrits aujourd'hui. Le démarrage a été assez difficile, mais j'ai lancé le chapitre, ça y est. Je ne sais plus vraiment où il atterrit, cette partie fait mal à écrire.
20 301 mots au total. On verra ce que ça donne demain. Il va être plus difficile que prévu de prendre de l'avance.

Jour 12 : 20 000

2290 mots dans la journée. Je bosse sur un devoir d'écriture créative, c'est du fantastique, ça m'aère la tête et en même temps c'est plus difficile parce que je n'ai pas l'habitue de ce monde / style / whatever c'est autre chose que Stanley et ça fait tellement longtemps que je n'ai pas écris autre chose que Stanley. Et en plus ça va être noté ha ha ha. 22 591 mots en tout.

Jour 13 : 21 666

Rien. Enfin si, les 282 mots que j'ai écris hier après minuit. Mais l'exposé m'a pris toute mon énergie et mon temps. Rien pu écrire. ça ira mieux demain. J'ai un commentaire à préparer pour un oral mais j'aurais un peu plus de temps pour écrire.

Jour 14 : 23 333

200 mots et quelques, encore. Je n'ai le temps de rien d'autre que de bosser. Je suis donc officiellement en retard sur le nombre de mots à faire, et c'est pas comme si ça allait pouvoir s'arranger dans les prochains jours.

Jour 15 : 25 000

878 mots écrits. 23 691 en tout. J'ai pris un jour de retard, environ. Mais ça devrait aller mieux demain, peut-être. Il y a encore beaucoup de travail et je suis épuisé. Mais j'en ai fini avec cet écrit d'invention.

Jour 16 : 26 666

J'ai écris un peu plus de 2000 mots et j'ai atteint les 25000. Chapitre 12 a commencé. Il me reste celui-là, le 13, l'épilogue et ça y est, c'est terminé.
J'ai toujours un peu de retard, mais je vais aller à des write-in ce week-end (normalement), ça devrait me faire avancer plus vite.

Jour 17 : 28 333

Retard rattrapé ! 28 340 mots en tout, 2462 mots d'écrits aujourd'hui, malgré les cours et la fatigue.
J'ai bientôt terminé le roman, je ne sais pas trop où ça m'amène mais on verra bien. On verra après, surtout. La seule chose importante pour le moment c'est de dormir.

Jour 18 : 30 000

1936 mots aujourd'hui. ça a été plus facile que prévu. J'en suis donc à 30 276 mots, ça fait très bizarre de voir qu'en 18 petits jours j'ai écris autant ! Il m'en reste moins de 20 000 à écrire et j'aurais dépassé les 50k, ça fait tout étrange. Je viens de terminer le chapitre 12, ce qui me laisse le 13 à écrire, puis l'épilogue et puis c'est fini. Je ne sais pas encore ce que je vais faire à la fin du roman, peut-être reprendre un vieux truc et le développer, on verra bien. En tout cas, je suis content de voir comment les choses avance. Et puis c'est un peu le soulagement après la semaine ultra stressante / horrible. Même s'il reste encore la masse de travail avant d'arriver au bout de novembre. Puis de décembre. Courage moi.

Jour 19 : 31 666

Write-in à deux aujourd'hui, c'était bien, j'ai bien avancé. Adriana est morte, j'ai dû aller au bout de ça, c'était un peu difficile. Mais 3373 mots d'écrits dans la journée. J'ai repris mon avance. Enfin, de l'avance un peu. C'est mieux que rien. C'était dur la mort d'Adriana j'ai beaucoup pleuré j'aurais voulu serrer l'un des deux dans mes bras mais bon, personne. 33 649 en tout. Plus que 16 351 ça fait si étrange. Demain j'ai finis le livre. J'aime bien l'idée de finir le livre. Même si je sais pas trop ce que je fais après. Peut-être Laurine et Clémentine. ça pourrait être drôle. 
Dis journal du Nano ça se voit que ça va pas fort dans ma tête ?



Jour 23 : 38 333

Ok, j'ai pas écris là pendant...longtemps. (4 jours en vrai). J'ai continué le Nano par contre. J'ai écris 4028 mots mots aujourd'hui, j'ai dépassé les 4000 mots, j'ai écris la fin du roman, j'ai attaqué un autre petit truc un peu drôle, je terminerai les 8 394 mots qu'il me reste avec ça. Je vais essayer de finir le Nano ce week-end histoire d'en être débarassé et d'attaquer ma semaine tranquillement.

Jour 24 : 40 000

J'ai écris 1544 mots aujourd'hui. Je ne pensais absolument pas en écrire autant. Il me reste 6 850 mots à écrire et j'ai terminé le Nano. ça fait tout étrange.
La nouvelle histoire que j'écris m'amuse. C'est n'importe quoi et ça ne sortira jamais de mon disque dur [jamais c'est pas la peine de me supplier], mais ça me détend et j'éprouve un vrai plaisir à l'écrire.

Jour 25 : 41 666

5172 mots d'écrits aujourd'hui. C'est plus que ce que je pensais pouvoir faire. Il est minuit et je ne vais pas aller me coucher avant d'avoir terminé. J'en suis à 48 322, il ne me reste donc plus que 1678 mots à écrire. J'aime bien l'histoire dans laquelle je suis elle est drôle et légère et c'est facile à écrire.

Jour 26 : 43 333

CA Y EST  ! Il est 1h39 du matin, je suis claqué, j'ai écris 1768 mots, et j'ai joyeusement dépassé la barre des 50 000 mots.
Revanche sur la vie : on est le 26 novembre ce qui était mon objectif lors du premier Nano que j'ai fais et que je n'avais pas réussi à atteindre, j'ai réussi à avoir des 17 et des 18 pendant cette période, j'ai terminé le livre, j'ai aimé écrire tout ce que j'ai écris, donc là en gros je me sens un peu comme le maître de l'univers.
Et comme d'hab quand ça m'arrive c'est l'heure de dormir et y'a personne pour célébrer ça avec moi en sautant sur mon lit.

*****



Je te mets pas le journal des jours d'après parce que c'est bof très intéressant et en plus je n'ai pas eu le temps de l'écrire (ça donnerait genre "oh tant de mots allez bisous je retourne bosser sur le polonais / le latin / la rhétorique / le motherfucking exposé de devenir enseignant")(vivement les vacances) et qu'en plus j'avais déjà été au bout de mon Nano pour moi les mots en plus c'était juste pour avoir la gloire du badge "a updaté son wordcount tous les jours" (oui j'aime beaucoup les badges).

J'avais trois (quatre) objectifs pour le Nano :

- Finir le roman.
Et c'est fait, bravo moi.

-Ne pas faire de remplissage.
C'est bon aussi, y'a aucun passage qui est écrit en sachant qu'il était moche et inutile et wtf mais qu'il fallait rajouter du mot. Tout fait sens. Bon une fois le livre terminé j'ai fais un peu des trucs randoms mais c'était rigolo et ça comptait pas.

-Finir le Nano en avance.
Ouais ouais je l'avais mis en facultatif mais si tu me connais un peu tu te doutais que mon but c'était de terminé en avance et d'avoir de la Gloare - parce que c'est ça le but des vrais écrivains, n'est-ce pas. Et du coup comme tu as pu le voir j'ai fais ça, j'ai terminé le 26 officiellement et c'est la revanche sur ma vie - oui - parce que c'était mon objectif pour le premier Nano et que j'avais tout fail. Là j'ai pas tout fail, j'ai tout réussi. Bravo moi.

-Concilier le Nano et les cours.
Ce qui voulait dire pour mon cerveau torturé "avoir 18 de moyenne et écrire 3000 mots par jour allez bisous" (non, pas 3000 mots en vrai). Du coup j'ai réussi à rendre tous les trucs scolaires à peu près dans les temps, et j'ai eu très exactement 17 18 13 13,75 (en version latine niveau agrégation je suis désolée mais il fallait que je souligne ça) donc ça va. Par contre ça a été difficile et je ne ferais probablement pas le Nano l'an prochain pour pouvoir me concentrer sur mon master - si je suis prise en master (il faut que je contacte des responsables de master j'ai pas envie de faire ça et j'ai peur qu'on me dise que je suis trop nulle et et et peur.), mais je suis contente d'avoir plutôt bien réussi à concilier les cours et l'écriture (ça me prouve que c'est possible). Mais j'ai dû négliger pas mal d'aspects de ma vie genre le sport et le blog et ça m'a rendu un peu triste.

Donc. Il faut finir cet article bien trop long. Mais j'ai encore des trucs à dire, c'est dommage pour toi lecteurice (courage, la fin arrive).
Avec ce Nano j'ai capté que je pouvais parfaitement consacrer 20 minutes à l'écriture tous les jours et qu'une fois que j'avais tout réglé l'histoire, que j'avais marché avec les personnages suffisamment longtemps, j'allais vraiment vite pour écrire. Dans le genre. 900 mots en 20 minutes en moyenne (bon au début, après plus le temps passe et moins je vais vite parce que je deviens fatigué).

J'ai aussi découvert qu'écrire avec une communauté d'écrivains c'était cool - honnêtement, sans les write-in je n'aurais pas terminé le Nano aussi rapidement - du coup je pense que je vais peut-être un peu moins faire l'asocial (enfin, dans la limite des stocks de cuillères disponibles) et essayer de réunir des gens autour de l'écriture (y'a juste les 3/4 de ma promo qui écrit je pense mais à part ça ça devrait pas être trop difficile).

Et last but not least, j'ai découvert que noter ce que je faisais en écriture dans un carnet tous les soirs ça m'aidait à me sentir fier de moi mais aussi à pratiquer plus régulièrement, et du coup je pense peut-être continuer à tenir un journal d'art qui regrouperait mes progrès en écriture mais aussi dans les autres domaines (photo, aquarelle, etc).

Brefouille.
J'espère que tu as survécu jusqu'au bout de cet article, lecteurice, en attendant que je revienne avec des choses (je vais passer 6h dans le train demain je devrais avoir le temps d'écrire deux trois trucs), paillettes sur toi.


mardi 1 novembre 2016

NaNoWriMo 2016 : les objectifs

Salut à toi lecteurice.
Comme tu t'en doutes, cette année, je me relance dans le Nano, après avoir beaucoup hésité et avoir affirmé haut et fort que "non plus jamais le Nano c'est nul" (le premier Nano, j'ai pas bien vécu l'après). Donc c'est reparti pour les 50 000 mots à écrire en novembre, 1667 par jour, on connaît la chanson.
Je pars donc dans ce Nano en tant que Nanorebel puisque je continue un roman déjà commencé (et que si je le termine avant d'avoir atteint l'objectif des 50k j'écrirais des petites nouvelles vite fait), et cette fois ci avec vingt-cinq millions de plans (tu verrais la tête de mes découpages de chapitre). Et déjà un roman terminé dans les pattes.
Et j'ai décidé de me mettre des objectifs autre que "atteindre les 50k" dans ce Nano parce que c'était pas assez difficile pour que l'expérience me sois un peu plus profitable que la dernière fois.

Objectif 1 : Pas de remplissage.
Le remplissage, c'est quand tu écris quinze kilos de texte qui sert à rien juste histoire de dire que ça y est tu as écrit tes 1667 mots tu peux aller te coucher à 1h du matin. Comme j'essaye au plus possible de ramasser mon écriture et d'être dense, le remplissage c'était un peu ma crainte en me lançant dans le Nano. Mais au final ce matin je me suis fait une wordwar en solo et même en écrivant 1211 mots en trente minutes il n'y a pas de phrases écrites juste pour être là. Je crois que le fait d'être en train d'écrire ce roman depuis assez longtemps fait que j'en maîtrise plutôt bien le style (ce qui me permet d'écrire vite et bien).

Objectif 2 : finir le roman.
Oui bah oui. Mon dernier Nano m'avait laissé à la moitié du livre que j'étais en train d'écrire, là en commençant à la moitié, j'espère réussir à arriver au bout le 30 novembre maximum.

Objectif 3 : arriver à concilier le Nano et les cours.
Pour ça je crois que je vais mettre de côté le blog pendant Novembre et que je le reprendrais en décembre, après le Nano.

Et puis l'objectif facultatif mais qui ferait plaisir quand même : arriver à finir le Nano avant le 30 novembre.

Si toi aussi tu participes au Nano 2016, tu peux retrouver ma page ici (--> http://nanowrimo.org/participants/bettasplendens) et devenir mon buddy d'écriture. Sinon tu peux juste checker comment je galère (ou pas) à tenir les objectifs.

See you soon, lecteurice du blog. Paillettes sur toi en attendant.

lundi 24 octobre 2016

Je ne suis pas un monstre

Je viens de voir passer les dessins d'un gars sur mon Twitter. Pendant Inktober, il a représenté les maladies mentales sous la forme de monstres.

Et, non.
On regarde déjà les bipolaires, les dépressifs, les autistes, les schizophrènes, tout ça, comme des monstres. On a pas besoin de plus de clichés, de préjugés, de plus de représentations de nous en tant que monstres bizarres inhumains.
Nous ne sommes pas des monstres.
Nous ne sommes pas des maladies qu'on représente.

Y'a déjà tellement de stigmatisations, de clichés autour de tout ça. Est-ce qu'on a vraiment besoin d'en rajouter une couche ?

Quel effet ça a de voir que pour un artiste toi et ta maladie vous êtes des monstres ?
Je sais pas.
Moi ça m'a fait mal au ventre.
Pour la petite anecdote, c'est dur de s'approprier un diagnostique de maladie. Parce qu'on te le pose sur ce qui a été toi jusque là et que ça t'écrase un peu et qu'il faut faire la vie à nouveau avec ces mots sur toi.
Quand on m'a dit que j'étais bipolaire c'était difficile. Je sais pas à quel point ça l'aurait été plus si on m'avait dit "tu es bipolaire" et qu'on m'avait montré un monstre à deux tête dégoulinant comme nouvelle représentation de moi, de cette identité que je portais désormais en moi.
Il s'avère en fait que je ne suis probablement pas bipolaire (un jour je reviendrais sur les diagnostiques pro VS auto-diagnostiques) mais autiste (youpi une nouvelle étiquette).
C'est un diagnostique qui a été très libérateur. C'est un mot que j'aime avoir près de moi parce qu'il m'aide à m'expliquer à moi-même et qu'il fait décroître ma culpabilité.
Je n'ai pas envie de voir ça comme un monstre qui me ruine et qui arrache tout.
Pourtant ça arrive.

A quel moment tu te dis que c'est bien de représenter toute une maladie et les humains derrières de cette façon ? Punaise.


Si je devais représenter certains troubles que j'ai je leur ferais des visages atroces. Des griffes qui se plantent pour la dépression et une bouche qui hurle sans fin. Mais c'est moi. C'est mon trouble. Je la représente comme ça parce que je la connais de l'intérieur.
ça me viendrait pas à l'idée de représenter le trouble de la personnalité borderline d'un autre humain que je connais. C'est le sien. Même si je sais ce que c'est de manière théorique.
Et d'ailleurs je pense vraiment qu'on a pas besoin de plus de représentation de l'horreur que c'est. En tout cas pas avec des visuels comme ça.

Mais c'est urgent qu'on associe troubles mentaux et humains derrière.
Y'a Anne Betton qui a fait ça merveilleusement bien en prenant en photo des personnes bipolaires, dépressives, etc...de manière totalement normale. Comme on aurait pris en photo n'importe qui. Personne qui hurle, qui tape sa tête contre les murs...Parce que nous ne sommes pas que ça.
Il y a ça.
Je me tape la tête contre les murs.
Je pleure.
Je crie.
Je me griffe.
Il y a le noir et l'horreur dans la maladie mentale, oui.
Mais c'est intime.
Si tu me suis avec un appareil photo tous les jours tu ne me verras pas faire ça. Voire tu me verras mener une vie vraiment très normale et tu seras déçu.
Et pourtant. C'est ça aussi la maladie. Le quotidien, le banal, l'humain.
Regarde ça avant de me dessiner en monstre.

vendredi 21 octobre 2016

Nanotera, nanotera pas...

Novembre approche à grands pas. Ok, ça on est d'accord, les feuilles sont rouges et dorées et je suis en train de kiffer la vibe, comme disent les jeunes, mais une Grande Question se pose. Suspens suspens.
(Un jour je m'achèterai un beau style d'écriture promis mais je suis tellement, tellement, tellement fatiguée).

Retour en "arrière". En mai 2015 j'ai terminé le premier jet de mon premier roman. Depuis le 1er septembre 2015, je le réécris de A à Z, avec un énorme remaniement de la structure (parce que c'est bien connu que je suis ultra maniaque des structures (en fait non, mais maintenant je te le dis : tu peux avoir la meilleur histoire les meilleurs personnages le meilleur style, bosse la structure sa mère la châtaigne sinon c'est fou-tu)), la moitié des personnages en moins, une absence très notable de dialogues (je les pourfends tel Stephen King, ce fameux pourfendeurs d'adverbes), un bien meilleur style, bref, tout est mieux, j'ai vieilli.
Mais donc ça fait plus d'un an que je suis sur ma réécriture. Et donc trois ans que je suis sur ce livre. Et il m'en restera encore après ce second jet. C'est long, c'est difficile, et j'ai beau aimer ce livre, bah, y'en a d'autres sur lesquels j'aimerai me pencher, parce qu'en trois ans j'ai pas mal grandit, évolué, et que des livres continuent à taper au carreau dans ma tête en mode "hé mais t'avais dit que t'allais t'occuper de nous bientôt", bref.
J'étais vachement jeune quand j'ai commencé à écrire La Fille-couleur (finalement c'est ce titre choisi au pifomètre qui va finir par rester, j'arrive pas à décider d'un autre). J'avais 17 ans punaise, j'avais même pas encore passé mon bac (c'était avant, c'était pendant que je tentais de réviser mon bac d'anglais mais évidemment j'ai pas fait ça).

Donc Novembre approchant, j'ai réfléchis. Beaucoup.
Et j'ai envie d'aller me frotter au Nanowrimo une seconde fois.
Pourtant je m'étais dit non, non, non, plus jamais, c'était beaucoup trop, j'avais plus de vie, rien, horrible, ha.

Donc j'ai fais une liste de pour et de contre.

POUR

- ça me permettrait de terminer le deuxième jet d'ici novembre
- c'était quand même drôle comme challenge
- la gloare
- J'aime bien souffrir
- Peut-être que ça peut me permettre de réintégrer l'écriture intensément dans ma vie
- ça sera probablement pas aussi nul que la première fois

CONTRE

- Je suis trop avancée dans le livre pour pouvoir réellement aller au bout des 50 000 mots, et c'est un peu nul de savoir d'avance que ça va pas marcher du coup
- C'est super épuisant
- J'ai quand même un peu du boulot à côté (un peu)
- ça va mettre tous les autres trucs (le blog, la lecture, le Youtube, l'aquarelle...)
- Si c'est pour refaire des choses nulles comme la première fois non merci ça en vaut pas la peine
- Si je veux le faire en me mettant pas la pression, je vais pas respecter les règles et écrire jusqu'à ce que j'ai terminé mon roman puis faire compter tout ce que j'ai écris auparavant dans le Nano. Mais du coup est-ce que la torture ça en vaut la peine ?
- Et si en fait ça me dégoûte d'écrire ?

Comme tu le vois, c'est un dilemme (en fait non).
Je sais pas trop.
La moitié des arguments pour se base sur ma capacité à me lancer dans des trucs durs et intenses qui vont être un peu la souffrance juste pour me sentir vivante et badass, et l'autre moitié c'est "je finirais mon livre plus vite".
J'ai peur de me lancer dedans et de m'épuiser absolument. Du coup j'essaye de me dire que je vais le faire en respectant mes cuillères mais je sais très bien que je sais pas faire ça.

Donc c'est compliqué dans ma tête.

Nanotera, nanotera pas ?
La suite au prochain épisode.

lundi 17 octobre 2016

Je ne sais pas écrire hors de moi

Aujourd'hui je te partage un poème parce que j'ai pas trop de cuillères pour les articles compliqués et que je me bats contre Juvénal et ses Satires qui sont impossibles à traduire - vraiment impossibles.

Si je savais écrire.
J'écrirais sur tout.
Je parlerai de la formation des romans. Parce qu'ils ont formé ma vie. Et j'aime ce lien de miroir.
Je veux fondre en larmes.

J'ai défendu mon côté atypique tout en restant dans une confortable écriture de moi
Et je
Continuerai.
Je n'écris qu'en boucle, qu'en boucle autour de moi - Et les cercles de plombs se fracassent en silence.
Et dans mon malheur je n'ai pas l'apanage de l'originalité - J'existe et j'ai mal
Elle l'a dit avant moi, mon cas n'est pas unique.

Mélanger les voix.
Je suis imprégnée de Simone de Beauvoir, de Violette Leduc, et de Virginia Woolf.
Je suis une romantique quoi que j'en dise et je cris mon mal du siècle et je suis las viejas poetas qui sont seuls à souffrir, seuls au monde, pour qui le boulanger n'existe pas. Pourtant le paradoxe, je suis toutes ces existences, je les aime toutes, je voudrais toutes les dires et toutes leur donner la parole à travers moi.
Je n'écrirais jamais l'abstraction.
Je ne suis pas l'abstraction.
J'existe violemment, dos à dos contre tout le monde parce que l'existence des autres interdit la mienne.
Et je sors mon poème ou mon couteau.

Je suis un poème qui marche et qui s'écrit au fil des pages.
Je suis le cœur de mon mystère.
La rencontre des autres m'a soignée et je voudrais tout rendre, tout résoudre par mon existence.
Mais ça ne guérit personne quand je parle.
Je fais couler mon poison
Pour le sortir
Ça ne fait de bien à personne
Je me sens seule
Tout en sachant que je ne suis pas unique
Et si je n'ai pas cette identité
J'existe comment ?

Marginale marginale
Pas assez marginale

Je veux danser sous la pluie
Enfin être
Libre
Et sauvage
Et pas
Junto a la vida
Mais ancrée
Les pieds dans cette non-abstraction
Et devenir arbre
Semblable à tous
Et nécessaire.

mardi 11 octobre 2016

Un féminisme où les hommes seraient des alliés ?

Récemment, j'ai eu un débat en live avec un homme que je connais.
C'était fatiguant.
Et ça s'est poursuivi sur facebook parce que j'ai pas été capable de fermer ma bouche en lisant "féminisme débilisant".

Ce qui était le plus décevant dans tout ça c'était le côté "mais si je suis pour l'égalité homme/femme je suis un féministe mais juste le mouvement devrait pas se construire comme ça / y'a plus important / nous aussi on est opprimé / mais non vous confondez tout.".

Je me suis rarement battue avec des femmes au sujet du féminisme. J'ai rarement lu des débats où la personne qui utilise toutes les ruses rhétoriques pour gagner la partie (détournement des arguments, réponds à côté, occulte une partie du raisonnement) est une femme.
J'ai toujours dû tenter de légitimer ce terme aux yeux des hommes.
Toujours dû rassurer "mais non je sais bien que tous les hommes ne sont pas comme ça."
Être gentille.
Pas trop agressive.
Pédagogue.



Je sais pas si vous le savez mais faire dans la pédagogie quand on vous heurte (oui me sortir en face qu'on est mieux placé que moi pour parler de comment on ressent une agression sexuelle c'est violent, sorry not sorry personne qui se reconnaîtra dans ce message s'il le lit)(boum je règle mes comptes via le blog, que suis-je devenue) c'est épuisant. Réexpliquer sans cesse les mêmes bases à des personnes qui ne cherchent même pas à s'informer c'est épuisant.
Les gens, je ne suis pas votre maman, internet existe, les livres existent, youtube existe, des contenus pédagogiques il y en a partout, à la porté d'à peu près tous les niveaux de déconstruction.

Aussi, le féminisme n'a pas besoin d'être à propos de vous. Le féminisme, c'est une reprise de parole de la part des femmes, pour les femmes. Et pas contre les hommes, mais contre une oppression systémique basée sur le critère de genre.
Alors oui, bien sûr il y a aussi des oppressions faites aux hommes, à cause du même système, et souvent vous vous plaignez qu'on n'en parle pas.
Mais j'aimerais savoir combien dans tous ceux qui l'ont utilisé comme un argument en avaient subi.
Combien, dans tous les gars qui m'ont sortis "oui mais les hommes aussi se font violer par les femmes", l'on été. Combien des mecs qui se sont plaints à moi que le père n'a jamais la garde des enfants / de congé parental pour s'occuper de ses enfants on réellement des enfants. Combien de ceux qui ont évoqué les violences conjugales envers les hommes en ont souffert.
Les souffrances qui ne sont pas les votre ne peuvent pas être un instrument dont vous vous servez quand ça vous arrange.
C'est exactement la même chose que quand on répond à un végétarien qu'en attendant y'en a qui crèvent de faim en Afrique (l'Afrique, ce magnifique pays dans lequel on va piocher des exemples de misère quand ça nous arrange *soupir d'ironie blasée*). Vous ne pouvez pas défendre des causes quand ça vous arrange. Et surtout, instrumentaliser une souffrance pour attaquer une cause qui se bat contre des oppressions systémiques, c'est dangereux.
Si des choses bougent du côté de la représentation des genres - et donc du côté des oppressions masculines aussi, ça n'a pas l'air d'être clair dans vos têtes -, ce ne sera pas grâce à vous. Mais aux autres. A ceux qui ne perdent pas leur temps en cassant de la/du féministe et en essayant de lui expliquer comment devrait être son mouvement et sur quoi il devrait se concentrer.

Pour moi un féminisme où les hommes sont les alliés c'est un féminisme où ils ne cherchent pas sans cesse à attirer la parole à eux.
Un homme avec un vécu de victime qui est lié au sexisme ou au patriarcat a toute sa place dans un espace de parole féministe, et j'irais même jusqu'à dire qu'il est nécessaire au féminisme.
Un homme qui se sert du vécu de victimes pour décrédibiliser un mouvement devrait juste...se taire. En fait.



Oui voilà.
Si vous voulez être des alliés, respectez la parole des femmes.
(Et si vous êtes vraiment respectueux, personne vous volera dans les plumes en vous disant que vous ne l'êtes pas)(promis)(en général les gens ne sont pas paranos vous êtes juste aveugles à leur ressenti).


dimanche 9 octobre 2016

Ces choses que je ne sais pas [Journée mondiale du handicap]

Je ne sais pas ce que ça fait d'avoir le droit à des regards de travers quand je demande à passer aux caisses prioritaires mais que je n'ai pas l'air handicapée.

Je ne sais pas ce que ça fait de lutter tous les jours avec mon corps.

Je ne sais pas ce que ça fait de devoir rester debout dans les transports en commun parce que personne n'a voulu me laisser sa place "parce que je n'ai pas l'air malade".

Je ne sais pas ce que ça fait de devoir porter les conséquences de ma maladie en solo.

Je ne sais pas ce que ça fait d'avoir le regard des autres qui changent sur moi dès qu'ils apprennent.

Je ne sais pas ce que ça fait d'avoir moins de chance de trouver un travail juste parce que je suis malade.

Je ne sais pas ce que ça fait de naître malade.

Je ne sais pas ce que ça fait de le devenir et de s'entendre dire qu'il n'y a pas de remède.

Je ne sais pas ce que ça fait d'entendre "bonne année et surtout bonne santé, parce que si on n'a pas la santé on n'a rien", et de ne pas avoir la santé.

Je ne sais pas ce que ça fait d'être en fauteuil et de ne pas pouvoir aller partout.

Je ne sais pas ce que ça fait de devoir m'appuyer sur les autres pour des choses simples.

Je ne sais pas ce que ça fait d'être constamment fatiguée.

Je ne sais pas ce que ça fait de devoir prendre des traitements lourds.

Je ne sais pas ce que ça fait d'être prise pour une menteuse et une flemmarde quand je ne peux pas venir en cours à cause des douleurs.

Je ne sais pas ce que ça fait, les douleurs constantes.

Je ne sais pas ce que ça fait de devoir prouver mon handicap, comme si j'étais une grugeuse de pension d'invalidité.

Je ne sais pas ce que ça fait, d'être déclarée handicapée.

Je ne sais rien de ça. Et de beaucoup d'autres choses encore. Je saurais peut-être un jour. Pas tout de suite. Mais je sais ce que ça fait de s'inquiéter pour quelqu'un et de serrer les poings de rage quand tu vois comment son entourage traite sa maladie (déni), quand tu vois qu'il n'y a rien à faire, et quand tu vois qu'elle s'oblige à tenir debout toute seule parce que c'est ce qu'on lui a inculqué. Je sais ce que ça fait d'aimer quelqu'un et de ne rien pouvoir changer à sa souffrance.
Alors j'aimerais profiter de la visibilité que j'ai un peu ici pour passer le message qu'une de mes amies a posté sur son mur facebook :
Rappelez-vous qu'un handicap n'est pas toujours visible. Mais que c'est toujours difficile.

Souvent, on ne peut pas agir pour la recherche, pour trouver un traitement, pour tout ça. Mais on peut agir. En enlevant le poids de nos regards de valides.