mercredi 22 février 2017

La blessure la plus proche du soleil

Salut à toi lecteurice !

J'ai fais un stage dans mon ancien lycée pendant un mois et demi. J'ai vu des élèves, des cools, des avec qui j'ai échangé plus de trois mots, des que j'ai jamais regardé dans les yeux, j'ai donné le premier cours de toute ma vie (pendant deux heures, avec des secondes choupi et Rimbaud), le deuxième cours de ma vie (pendant trente minutes, sur de la méthodo de dissertation, avec des 1ères S mais ça s'est moins bien passé puisque j'étais crevé, que j'avais préparé mon cours vite fait, que je ne connaissais pas la classe très bien et que j'avais vraiment très très peur).
Mais le mieux, ça a été d'échanger avec les deux profs qui m'ont vraiment formée en tant qu'humain littéraire. J'ai vu comment ils construisaient des cours, des liens, j'ai vu comment ils étaient humainement.
C'était bien de découvrir des humains adultes avec lesquels je ne me sentais pas bizarre.
C'était aussi bien de voir que j'étais capable d'être une prof, d'enseigner, de parler assez fort (spoiler alert les profs arrêtez de crier sur vos élèves pour qu'ils parlent fort c'est pas naturel de parler fort).

Le soir je rentrais avec le monsieur et on discutait. On parlait de gens, de livres et de musique (souvent il parlait de chapeau, de chaussures et de bagues - il aime bien s'habiller joliment et il avait l'air tout à fait enfantin quand il me disait "j'ai commandé une nouvelle bague, regarde").
Et je me souvenais de la morsure. Du désir douloureux d'apprendre, d'avaler la connaissance encore et encore et encore.

Alors je fais ça.
Il s'avère que j'ai du temps, ces derniers temps, pour ça. Alors j'apprends. Je travaille. Je lis. Tout le temps. Intello.

Je n'arrive plus à arrêter, j'ai l'impression que chaque seconde que je passe hors de ça est perdue.
Et en même temps quel enrichissement, toutes ces lectures, ces connaissances. J'ai enfin l'impression d'être à ma place. Pas dans le monde. Dans un monde de mots.

Mais je ne pourrais jamais tout savoir expérimenter connaître. Il me reste tant de choses à découvrir. Je n'ai pas encore exploré la philosophie, et l'histoire, et la sociologie, et les mathématiques, et la physique, et la chimie, et la psychologie, et j'effleure à peine la littérature. Je n'aurais pas le temps. Parce qu'il faut sortir de l'endroit qu'on se forge dans sa tête et vivre. Et socialiser. Et aller en cours - alors que dans les cours parfois on n'apprend rien, on fait.
Je n'aime pas faire.
J'aime absorber parce que je suis un gouffre avide.
C'est ça mon faire. Un faire en creux.

Days I enjoy

Days I enjoy are days when nothing happens, 
When I have no engagements written on my block, 
When no one comes to disturb my inward peace, 
When no one comes to take me away from myself 
And turn me into a patchwork, a jig-saw puzzle, 
A broken mirror that once gave a whole reflection, 
Being so contrived that it takes too long a time 
To get myself back to myself when they have gone. 
The years are too strickly measured, and life too short 
For me to afford such bits of myself to my friends. 
And what have I to give my friends in the last resort? 
An awkwardness, a shyness, and a scrap, 
No thing that's truly me, a bootless waste, 
A waste of myself and them, for my life is mine 
And theirs presumably theirs, and cannot touch.

Vita Sackville-West

dimanche 19 février 2017

Hissez la voile

Y'a cinq jours, le blog a eu quatre ans.
Et moi je ne loupe jamais les anniversaires, tu vois. Enfin si, là si. J'ai même loupé un mois, je crois. ça arrive. ça m'arrive.
Donc le 13 février 2017, ce blog a eu 4 ans.
Tout comme ma large cicatrice au bras gauche et mon passage dans une clinique où j'ai refusé les points de sutures, refusé de parler à ma mère, où le médecin m'a dit "qu'il ne fallait pas faire ça et que c'était bien un truc de L", où j'ai compris que jamais je ne saurais dire ce qui fait mal et ce qui n'est pas grave - j'ai souris face au médecin, comme j'ai souris mercredi dernier quand on me disait que je n'avais jamais été déscolarisée et que ce n'était donc pas bien grave, et qu'il ne fallait pas mentir au médecin en racontant des choses qu'on avait trouvé sur internet (c'est pas grave, j'avais juste été honnête pour la première fois de ma vie à propos de mes difficultés avec un médecin et ça s'est passé pile comme je le craignais - c'est pas grave).
Donc ce blog a 4 ans.
Il s'en passe, des choses, en 4 ans.

Déjà un de mes articles a été cité par le Huffington Post. J'ai eu beaucoup trop de visibilité d'un coup et ça a été terrifiant et en même temps un bout de moi a exulté.
En plus ça parlait des cuillères.
Bon je crois que vu comme la journaliste l'a exposé c'était incompréhensible, mais bref - moi, la petite moi avec son blog tout petit tout intime tout caché exposée au grand jour, ça fait bizarre. Mais j'étais contente d'avoir un peu de reconnaissance sociale.
Aussi tant qu'on est dans le chiffrage, j'ai passé les 100 abonné.e.s sur Hellocoton même si je n'aime plus vraiment la plateforme (trop de côté "magazine féminin", et cette reformulation des titres qui me donne l'impression que les personnes qui postent sur la plateforme sont prises pour des journalistes - mais gratuitement, hein, pourquoi payer les gens dont on prend les contenu. Bref). C'était un cap assez important dans ma petite tête, ce chiffre énorme, 100. Cent tout rond. Mes abonné.e.s ne tiendraient plus dans mon appartement, t'imagine le choc.

C'était fou cette année j'ai rien compris à ce qui se passait, j'ai été prise dans plein de gros tourbillons.
Merci d'être arrivé, parti, venu, resté. Merci de donner de la vie à ce blog (bon, je sais que vous ne pouvez rien pour moi quand je ne poste pas d'articles), merci de me redonner envie parfois quand je me dit que je suis totalement vaine et que je devrais juste me taire.
Merci d'être là, gens de tout poil qui me lisez.

D'habitude là c'est le moment où je vous parle des nouveaux projets pour le blog, où je vous dis que je vais relancer le Youtube (hahaha), et où bref ça devient fou dans ma tête et à m'entendre le blog ça va devenir un truc vraiment dingue en trois mois.
Mais en vrai j'ai pas tellement de projets pour le blog, là, à l'heure actuelle. J'ai envie de partager encore et toujours les petits trucs, de me mettre encore moins de barrière, de faire plus d'articles un peu militants, et en même temps ça va devenir de moins en moins facile, je ne suis plus au lycée, je n'ai plus autant rien à faire qu'au lycée (c'est vrai. A part perdre mon temps, je n'avais rien à faire). Je rentre en master l'an prochain si je suis prise (t'ai-je dis ? J'ai eu mon premier semestre de L3 avec 14,2 de moyenne et 20 à un partiel), et le rythme ne va faire que s'accentuer.
Mais y'a tout un tas de trucs dont je te parlerais quand même bientôt parce que.
J'aime bien te parler, lecteurice.
J'aime bien quand t'es là.
Peut-être qu'un jour toi et moi on ne se croisera plus sur le vaste vaste internet.
En attendant merci d'avoir été là.
Je reviens vite.
Je vais essayer de tenir un peu un rythme mais pas forcément toujours avec des articles qui parlent de trucs précis.
Mais tu me connais pour tenir des rythmes je suis un peu nulle en ça.

Bref.
Je t'ai pas dit assez merci.
Merci lecteurice d'avoir été là depuis quatre ans.
ça te tente de rempiler pour une année ?



jeudi 26 janvier 2017

La représentation toxique des anorexiques

[TW TCA pour tout l'article]

Donc comme à chaque fois que je dois commander des livres pour les cours du semestre, j'en commande quelques-uns que j'ai vraiment envie de lire. J'ai beaucoup hésité avant d'acheter Piégée. Je me connais et je sais à quel point je suis encore sensible aux triggers (alors oui c'est un anglicisme mais un anglicisme nécessaire, j'ai même pas trouvé de périphrase efficace). Mais ça faisait presque six ans que j'avais entendu parler de ce livre pour la première fois (quand je lisais énormément de blogs sur l'anorexie) et six ans après si je ne suis toujours pas parfaitement guérie je suis quand même plus solide.
Bon, j'étais moins solide que ce que je croyais.



Ce n'est pas un livre qui peut laisser intact, surtout pas quand on a souffert de TCA à un moment (d'ailleurs si vous êtes toujours très malade évitez de le lire c'est pas franchement bon pour vous).
Donc Piégée, c'est l'histoire de Marya qui tombe dans la boulimie à 9 ans puis dans l'anorexie un peu plus tard. C'est un livre dur à lire (mais pas si dur que lire du Wilk même si ça ne parle à personne puisque c'est polonais). Elle parle de la haine de soi d'une façon que j'ai trouvé absolument juste, de l'envie d'aller au-delà de mourir mais de se tuer parce qu'on ne sait pas vraiment comment vivre et qu'on se hait de façon profonde et extrême. D'en arriver à la torture. Et de la force de l'habitude, aussi. Elle se construit en se détruisant donc c'est le seul moyen qu'elle a de vivre donc la rechute est toujours inévitable.
Bref.
Je sais pas comment vous raconter son histoire.

Elle parle bien d'anorexie (pour la boulimie je n'en sais rien j'ai jamais été franchement boulimique. Je mangeais parce que j'avais faim. C'était aussi con que ça). Enfin je trouve qu'elle parle bien d'anorexie, d'à quel point ça ne vient pas nécessairement de la relation avec les parents, de la culture et de l'entourage mais d'abord de l'intérieur de soi (après ça, ça pose des questions de détermination mais je vous laisse envahir les commentaires si vous avec des trucs à dire sur la détermination des êtres). Mais aussi de comment la société est toxique à ce niveau.
Je crois que j'ai rien à développer sur ça, il y a un matraquage absolu au niveau de la minceur, du régime normalisé, de la glorification du contrôle...

Et je voulais revenir sur un point parce que c'est en lien.
Quand on représente des anorexiques c'est toujours de façon séduisante et mystérieuse. Déjà l'anorexique est toujours maigre, dangereusement maigre : l'anorexie ça se voit. L'anorexique c'est une sorte de personnage tragique qui s'auto-persécute jusqu'à la mort.
C'est dangereux l'imaginaire des anorexiques.
Parce que l'imaginaire ça va jusqu'à pénétrer les discours scientifiques. Freud a fait de sacré dégâts déjà (pour changer)(Tonton Sigmund il aurait mieux fait de garder sa psychanalyse pour lui tout seul, hein) avec l'idée que l'anorexie vient d'une mère surprotectrice et d'un père trop absent et que pour soigner les malades il faut les sortir de leur cercle familial (indice : non). Mais les récits, les fictions sur l'anorexie, et tout ce dont se nourrit notre imaginaire n'ont pas aidés.
On représente pratiquement toujours dans la littérature médicale l'anorexique comme une fille, adolescente, blanche classe supérieure, qui cherche à devenir parfaite, qui a d'excellentes notes, qui fait énormément de sport, qui est extrêmement intelligente...Qui est pure.

Les anorexiques selon les médecins : douces, belles, iréelles et torturées (bon là elle est pas assez maigre)
(mais j'aimais bien la photo)

Quand je lisais la littérature médicale sur l'anorexie - c'était avant de devenir anorexique (pour de vrai, pas juste en mode j'ai un comportement alimentaire étrange depuis toujours) - ça faisait son chemin en moi, les anorexiques avaient une sorte d'aura magique, elles étaient tout ce que je voulais être : parfaites, pures, intelligentes, extrêmement fortes, minces, et sans estime d'elles-mêmes (j'ai toujours méprisé les gens qui s'aimaient parce que j'ai toujours trouvé que c'était être faible de s'aimer, que ça ouvrait la porte à la paresse et à la complaisance. Aujourd'hui je trouve que c'est un acte politique fort).

Ce que je veux dire c'est qu'on dresse un portrait extrêmement séduisant des anorexiques, mais aussi très restrictif (déjà à cause des critères de diagnostiques qui se basent sur l'IMC, l’aménorrhée et l'amaigrissement, bref à anorexie mentale on a des critères de diagnostique uniquement physique, le monde médical tu marches sur la tête). Et ça n'aide pas quand on est malade parce que quand on te vend l'anorexie comme une quête de perfection, quel sens ça aurait d'arrêter la quête ? Quoi, on va mourir, oui mais p.e.r.f.e.c.t.i.o.n.

"Si tu est anorexique tu es forcément un squelette"
(comment ça je m'acharne sur le monsieur d'Inktober)
(oui) (tu es artiste tu as une responsabilité)

C'est pervers parce qu'on en vient à gommer sa personnalité pour devenir une bonne anorexique (si on est comme moi une adolescente hautement influençable et sans aucune notion de son identité (et à des milliers de kilomètres de se douter que y'a pas besoin d'être anorexique pour valoir quelque chose)). On se dit "si des filles parviennent à ne rien manger, à avoir d'excellentes notes et à faire énormément de sport, pourquoi pas moi ?" et on essaye. Et on se bousille les articulations à courir parce que "les autres anorexiques le font alors ça doit marcher pour être maigre", et on devient phobique scolaire à force d'exiger un travail au-dessus de ses capacités, et on redevient pas tout à fait soi-même en retrouvant la raison.
Mais si je dis ça c'est parce que j'ai voulu devenir anorexique. J'avais déjà un rapport fucked up à l'alimentation et à mon corps mais je voulais devenir anorexique parce que pour moi c'était la perfection. Parce qu'on me le représentait comme la perfection.
Alors que j'ai été anorexique et j'étais misérable. A des années lumières de l'anorexique parfaite.
Je voudrais qu'on le dise, ça.
Que l'anorexie c'est une grosse souffrance qui vous coupe des autres, de vous-mêmes, qui vous empêche d'atteindre vos objectifs parce que quand vous mangez une tomate par jour vous n'avez l'énergie de rien, qui vous fait mourir.
Ce n'est pas glamour, ce n'est pas désirable, ce n'est absolument pas être parfait. C'est être malade.
Il faut déconstruire l'imaginaire des TCA. Et ça ne passe pas seulement par montrer des vrais corps.
ça passe aussi par montrer des vrais malades.

mercredi 25 janvier 2017

Comme dirait Louis XVI

Je sais même pas trop de quoi je pourrais vous parler.
J'ai plus d'idées ça fait deux milles ans que je suis pas venue ici et que j'ai pas écris de trucs. J'ai eu des idées, elles sont parties.
Je suis en stage dans mon ancien lycée, c'est ultra enrichissant, j'ai mes deux anciens profs avec qui j'ai fais du théâtre en tuteurs, j'ai donné mon tout premier cours de ma vie à des secondes, avec du Rimbaud (Le Forgeron), ils s'en sortaient bien c'était la joie, je ne sais pas écrire au tableau avec un feutre mais c'est pas grave. Je passe plein de temps avec mon prof de première, qui ne me laisse jamais intervenir dans ses cours mais à qui je vole la parole pour préciser des trucs, c'est bizarre de voir que maintenant je ne suis plus d'accord avec tout (pas forcément), on parle beaucoup de livres et de trucs comme ça, de gens et de l'existence, et de trucs futiles parce qu'on aime bien être bien habillés tous les deux.

Je sais pas quoi dire.

J'ai un gros coup de cœur sur une lecture du Bateau Ivre, je l'écoute tous les jours.

J'ai remarqué, au fil des cours, que l'émotion extrême est toujours risible. En tout cas dès qu'il y a des choses qui demandent de l'engagement émotionnel, c'est refusé par le rire.
Du coup je m'interroge sur l'utilité d'utiliser l'humour pour sensibiliser à une cause.

J'ai retrouvé ma curiosité. Mais tout est trop vaste pour les gens curieux.
Je suis Montesquieu. Tout m'intéresse, tout m'étonne.

De quoi je vous parle.
De quoi je te parle.
Je ne sais pas vraiment encore.
Mais j'avais besoin de dépoussiérer avant de revenir avec un article qui fonctionne bien.

Je réfléchirais à ça à tête reposée, comme dirait l'autre.
N'est-ce pas.

mardi 3 janvier 2017

Qu'as-tu fais de tes 365 (+1) jours ?


Bonjour lecteurice !
D'habitude je suis ultra à l'heure pour les bilans de l'année + les objectifs mais j'étais chez mes parents pour les vacances et il a fallu faire beaucoup de social et tout et j'étais morte. Ou du moins, absolument pas en état d'envoyer des bonnes vibrations (et je sais pas toi mais j'aime pas mettre du mauvais-triste dans mes bilans). Donc là, me voici de retour dans mon appartement grenoblois avec le Fou, le silence, la solitude entière, et ma routine du matin.
Je pourrais t'écrire tout un article sur ma routine du matin mais en fait ça consiste en une chose : m'enrouler dans un plaid et boire du thé et prendre le temps de me réveiller à deux à l'heure. J'aime bien avoir deux heures pour moi avant de commencer la vraie journée intense où on court partout et où on fait des choses.

Pologne, parc Kampinoski - août 2016

Donc 2016, tu as été une année pourrie sur bien des aspects, mais comme toutes les années que j'ai vécue jusque-là, donc on va dire que je t'aime bien quand même. Parce que je sais pas pour toi lecteurice mais pour moi ça a surtout été une année très intense, avec beaucoup de moments violents et tristes (que ce soit avec l'actualité ou juste dans ma petite vie à moi), énormément de stress à cause des cours (mais ça c'est pas prêt de s'arrêter), mais aussi des moments magiques plus ou moins fous.
J'ai pas envie de revenir sur le blues qui m'a traversé toute l'année, du coup je vais te faire une liste des trucs chouettes qui sont arrivés en 2016.

En premier : j'ai terminé le Nanowrimo (wi) pour la deuxième fois, et avec quatre jours d'avance. Et j'ai re-terminé d'écrire mon livre, qu'il faut que je me remette à corriger. ça reste ma plus grande fierté de 2016, avoir fini ce livre dans une version un poil plus potable que la première.

Tout a commencé sur un crappy carnet donc les pages se barrait et où j'écrivais minuscule.
Je viens de loin punaise - mai 2016

Aussi, avant les vacances d'été, avoir madame APC qui me dit que je peux tout à fait tenter les choses du style passer l'agrégation et autre. Et ça m'avait tellement remis du courage et il faut que je me rappelle de ça quand je me reprendrais des mauvaises choses dans la tête, que je peux et que même si je trouve pas le moyen de concrétiser mon envie de faire de la recherche ça reste en moi, cette capacit. Et que je suis tout à fait capable de donner un cours et légitime (parce que même si je n'en sais pas autant que mes professeurs, j'en sais probablement plus que mes élèves). Oui je m'auto-donne un pep-talk mais le blog c'est un des rares endroits où je me parle gentiment - et j'ai besoin de ça.

Galway ? Irlande en tout cas - juillet 2016

Cette année j'ai fêté mes vingt ans avec une des meilleures personnes que j'ai rencontré à la fac (cœur sur toi). Je n'avais pas organisé de truc pour mon anniversaire depuis mes onze ans, j'ai passé mes deux derniers anniversaire à stresser sur du latin, il était temps que ça change. Du coup on a fait du jeu de rôle version Harry Potter dans la maison de mes parents, c'était très très drôle.

Moirans city - décembre 2016

Il y a aussi eu ça, en 2016 : les amitiés nouées avec des personnes de la licence que je ne connaissais pas trop jusque-là mais qui sont vraiment adorables. ça apporte incontestablement un gros bonus au fait d'être sur cette planète (au-delà du fait que je me sens un peu moins seule et perdue dans la promo).
Et puis l'amour amoureux. Que je n'ai pas envie de partager avec toi lecteurice parce que c'est trop petit grand secret que je sais pas l'écrire avec des mots sans l'amputer. Alors je mets ça là pour les deux concernés : je vous aime. Fort. Vous êtes un milliard de choses et vous connaître est tellement enrichissant à tous les niveaux que quand j'y pense je me dis que je suis la personne la plus chanceuse de cette planète.


Irlande, Killarney ou Killkenny, juillet 2016


Je suis partie en Pologne et je repartirai en Pologne. Parce que ça me fascine la Pologne parce que c'est tout gris, parce que je suis secrètement amoureuse du polonais (ça a les déclinaisons les plus compliquées du monde mais c'est pas grave). Et je suis retournée en Irlande et je retournerai encore en Irlande, j'espère.

Grenoble city, février 2016

Et en vrac, tous les moments passé avec la Brunette à marcher et échanger, Remucer que j'ai vu deux fois cette année (on a explosé les scores là), le jeu de rôle découvert avec mes voisins d'en-dessous, la collection de jeu de sociétés qu'on s'est constitué avec le Fou, les heures passé sur Super Mario 3D Word (toujours avec le Fou), découvrir plein de nouveaux gens de Youtube, échanger avec des nouveaux gens sur le blog (ou des pas nouveaux aussi), oser me lancer dans des trucs artistiques même si rien n'est parfait, faire du sport, avoir eu les cheveux arc-en-ciel puis galaxy puis bleu puis en mode drapeau bisexuel puis rouge, aller à des write-in pendant le Nano, passer du temps avec ma grande sœur, tester des nouveaux endroits avec le Fou (genre. Un bar à chat), prendre des photos (même si je montre qu'un micro-dixième de ce que je prends en photo) et, bref.
Je te fais une rétrospective capillaire de 2016 parce que ça a été quelque chose quand même.


Rainbow powa
Galaxy - version messy hair

Galaxy hair version coiffé-je me suis coupée une frange
(why)
(résolution de 2017 : ne plus jamais me couper une frange de ma vie)

Le plus beau bleu que j'ai jamais réussi à avoir (mais je n'ai que cette photo pour en témoigner)

La couleur la plus folle (feat mes extensions)

Y'a pas tout, mais en 2016, j'ai beaucoup détesté ma tête, donc j'ai pas pris énormément de selfies.
Bref.
J'ai regardé mes objectifs de l'an dernier, y'avait :
-Terminer de corriger le roman. On va dire que y'a eu 75% de fait.
-Tenir un journal d'objets culturels : j'ai tenu pendant un mois puis abandonné. ça ne me convient toujours pas vraiment.
-Relancer la chaîne Youtube : lol de feu.
-Faire des photos, si possible un tas de photos : ça c'est bon. Même si je pourrais progresser niveau technique/réglages/blablabla.

Je pense que je vais faire environ la même chose, c'est-à-dire mettre des objectifs pour l'année, mais uniquement pour la première moitié de l'année, puisque l'an prochain (scolaire) si tout va bien je rentre en première année de master et je n'ai strictement aucune idée de ce à quoi ma vie va ressembler (je sens bien que ça va être chaotique mais après tout pourquoi pas).

Donc :

-objectif 1 : terminer la correction du roman (bah oui hein)
-objectif 2 : faire le grand écart (oui c'est un objectif bizarre mais j'ai perdu énormément de souplesse en arrêtant la danse / la gym et en commençant à courir et à faire de la musculation, et je suis triste. J'ai su faire le grand écart et ça me paraît un objectif plus fun que "faire du sport tous les jours". En plus d'être moins compliqué à atteindre que "avoir des abdos très visibles").
-objectif 3 : continuer à pratiquer les trucs artistiques tel que le dessin et la photo (ma maman m'a acheté des pinceaux moins honteux pour faire de l'aquarelle) et faire des vidéos même si je ne les publie jamais.
-objectif 4 : continuer à améliorer mon polonais et mon anglais tranquillement (je suis devenue une bête en compréhension orale anglaise à force de youtube mais je sais plus faire des phrases).

Et c'est tout je crois, j'espère que tu as passé une bonne fin d'année 2016 et je te souhaite plein de trucs géniaux pour l'année à venir.
Paillettes sur toi ♥


mercredi 21 décembre 2016

D'être fasciné.e (ou échouer à être)

Cette nuit j'ai fais un cauchemar bizarre et je voudrais ne pas te parler de ça mais te parler d'un truc qui me touche en tant qu'humain d'internet.
Les gens me fascinent.
Mais pas souvent les gens que je rencontre dans le vrai d'abord.
Je suis fascinée par le contact écrit. Quand je lis l'humain je suis fortement attirée, mais pas toujours. Il faut des conditions particulières, il faut des gens que je ne pourrais jamais être mais qui sont ce que j'aurais été si je n'avais pas toujours choisi la voie la plus facile - s'il n'y avait pas eu cette immense fatigue l'angoisse la dépression toute cette lourdeur.
Des êtres multiples perçus comme des reflets de moi.
Je lis souvent les blogs que je découvre d'une traite, quand j'en aime l'auteur.
J'ai cliqué sur "blog suivant", j'ai découvert lui, qui s'appelle comme le premier personnage que j'ai crée de mes doigts d'écrivaine - c'était Yann et il chassait des monstres pour avoir de l'argent et délivrer sa princesse ou je sais pas quoi et puis au dernier moment il décidait qu'il préférait encore chasser des monstres que de rentrer dans le rang (mais j'ai un peu grandis depuis et beaucoup vieilli, c'était il y a douze ans)(mais j'écris toujours sur des monstres, même si ça se voit moins) - et donc il écrit des choses qui me donnent envie de le connaître et qui en même temps me font mal.
Je suis fascinée par les gens.
Parce que parfois les gens me font me rappeler à quel point la vie est grandiose, à quel point il y a des humains magnifiques, mais aussi à quel point je ne suis pas de ceux-là.
Je ne parle jamais à ces gens d'internet ils me font peur parce que je voudrais un contact très fort et que ça n'arrive bien souvent pas, c'est décevant internet pour ça le déséquilibre qu'il y a dans la relation.

Il y a des personnes que j'ai rencontré sur internet, mais c'était pas si violent la fascination de départ.
Sauf pour Remucer.
Maintenant Remucer c'est quelqu'un dans ma vie réelle avec qui j'arrive à être tout de moi y compris les parties qui sont pas glorieuses. Mais je me paye toujours un énorme sentiment d'infériorité, surtout quand il vient jouer sur mon terrain et que je me rends compte que vraiment lui m'est inaccessible mais que je ne le suis pas pour lui.
Mais va c'est pas grave on survit à ça.

C'est drôle d'être.
Je sais pas toi mais je me suis pensée unique jusqu'à mes dix-sept ans. Après j'ai compris que je ne l'étais pas, j'ai compris qu'il y avait des fous bien plus fous que moi, que tout ce que j'étais d'autres l'avaient été mieux, que ma combinaison de je suis une enfant adulte littéraire scientifique et j'aime Virginia Woolf et Harry Potter et j'ai les cheveux rouges et violets parce que j'aime montrer à quel point c'est bizarre dans moi, tout ça, c'était rien de spécial, j'étais juste une enfant de seize ans je m'aimais et me haïssais.
Maintenant j'ai les cheveux bruns courts et j'aime être invisible.
J'écris mes choses dans le creux de moi.
Je vis sans être la plus brillante.

J'ai toujours l'impression d'être la fascinée.
Celle qui a son petit blog avec sa micro-communauté de lecteurs et qui n'attirera jamais les foules ou la fascination au point où les autres me fascinent.
Je voulais être un génie je ne suis qu'un minuscule humain.
Alors je m'enivre des autres.
Je ne suis pas eux.
Je les prends en secret et je les mélanges à moi. J'en fais des histoires où tout le monde me dépasse parce qu'ils sont tous plus entiers, plus eux, que moi.



Comment tu fais pour arriver à être quand rien n'est vraiment dans ton monde.
Les 3/4 des endroits où je vis sont une fiction ancrée dans une réalité. J'ai l'impression que l'univers n'est pas réel si je ne l'ai pas incorporé dans mes fictions.

Pourquoi tu crois que mon champs de recherche - si on m'avait laissé le choix - ça aurait été la littérature du quotidien.
Le temps dans la fiction.
Pourquoi j'ai été fascinée par Figures III  de Gérard Genette (de la narratologie surtout). Parce que le réel et la fiction ça ne fait que s'interpénétrer normalement.
Mais quand dans ta tête tout est fiction, et donc tout est réel, alors les gens que tu rencontre dans internet, les mondes que tu découvres en lisant, tout ça c'est la même chose, alors ça devient complètement fascinant.

Ce qui me fait encore une fois réfléchir à ce rapport qu'il y a entre le blog et l'identité. Souvent quand on lit mon blog on me connait mieux que juste "dans la vie". Enfin c'était le cas quand j'étais au lycée. Maintenant c'est à peu près équivalent, suivant qui vous êtes.
Du coup le blog ça devient autre chose pour moi et je sais pas trop comment le gérer, j'ai presque plus trop besoin de compenser à outrance mon sentiment d'être invisible et de ne pas avoir le droit de parler (enfin, un peu quand même) et j'ai mon très grand perfectionnisme qui remonte à la surface et qui me dit que je dois me composer une image, avoir une identité virtuelle claire et définie, une ligne éditoriale ou autre. Qu'il faudrait peut-être que j'arrête d'écrire des articles que je trouve bof et me mettre à produire de la qualité, plutôt que...Que ce que je fais là.
Alors c'est compliqué, tu vois.

Je voulais te parler de ma fascination pour les gens de l'internet qui sont tous mieux que moi, toujours.
Qui ont toujours l'air de mieux réussir à être eux, qui parfois ont l'air de mieux réussir à être moi.
Je vais retourner à mon labeur de correction du roman.
Parce qu'écrire c'est un peu tout ce que je sais faire - être - tout ça.
Non cette phrase n'a pas d'autre sens que visuel.
C'est pas grave.


lundi 19 décembre 2016

Aller au bout du livre - oui - certes

Salut les lecteurices,
je t'avoue que je suis un peu perdue dans ma tête mais oh come on tu as l'habitude avec moi. Si, hein, je sais.
Novembre m'est passé dessus comme un troupeau de buffles parce que les cours parce que le NaNo - j'ai souffert mais telle Edith Piaf je ne regrette rien - mais je n'avais pas compté décembre, après. Ou plutôt j'avais compté sur décembre et puis bim bam boum du travail à n'en plus finir.
Pour te donner une idée, je me suis mangée six partiels sur ma dernière semaine de cours. En comptant toute la fatigue accumulée et le stress et l'impression d'être la personne la plus nulle que la terre ait jamais portée, bref, c'était pas le mieux. Surtout que j'ai eu un oral de latin à faire #l'angoisse.
Mais je crois que ce qui a rendu ça très difficile c'était que je n'avais plus de soupape de décompression. Pas d'écriture pas d'art pas de temps. Même plus trop de sommeil.
ça fait bientôt trois ans que je suis en train d'écrire quelque chose - je crois que ce qui te fait tenir jusqu'au bout d'un roman c'est à quel point tu as besoin de l'écrire (ça et les facteurs alentours faut pas qu'ils soient trop contre toi) - et j'ai terminé ce quelque chose en novembre (il me reste les corrections, mais c'est terminé terminé la structure est bonne).
Ce "quelque chose".
Stanley. L'histoire de Stanley le monstre que si tu me connais je t'en ai parlé peut-être si tu me connais pas je t'en ai pas parlé c'est sûr.
Donc j'ai fais ça, j'ai écris un roman, et ça m'a pris presque trois ans, mais pas tout à fait en fait, si tu veux je t'explique "ma" méthode de travail de petit écrivain bancal.

Un jour j'aurais une machine à écrire je ferais plein de schlak schlak schlak avec son clavier et j'écrirais à cinq heures du matin je serais un vrai poète maudit


Warning : ne faites pas ça chez vous.

De l'été de ma terminale à mai de la fin de ma L1, j'ai écris le "premier jet" de mon roman.
ça faisait 207 pages word donc la moitié environ écris pendant le Nano.
A la base, mon histoire était construite comme une nouvelle d'une trentaine de pages, mais j'ai, euh, débordé.
Du coup c'était plein d'incohérence c'était mon premier roman j'étais encore ultra jeune je savais pas trop comment je voulais faire les choses j'avais pas encore assez vu lu réfléchi c'était vraiment mon premier roman.
Avant ça le plus long que j'avais écris c'était trente pages.
Le plus long texte que j'avais terminé il faisait six pages.
Bref. 207 pages de gros bazar avec du bon un peu dedans mais surtout du bazar.

A partir de ça, j'ai construit un scénario de treize chapitres - parce que Zola est mon seul vrai maître,- en me recentrant à 100% sur mon cher Stanley (oui j'aime beaucoup les histoires-personnages où il ne se passe rien) mais en fait en faisant des tas de monologues intérieurs parce que c'est le mieux (et que depuis le temps où Zola c'était mon seul vrai maître j'ai beaucoup lu de Virginia Woolf).
A partir de ce scénario de treize chapitre, j'ai commencé à écrire à nouveau le premier septembre. Je n'ai pas jeté un œil à la première version du manuscrit (je l'ai simplement relu une fois pour voir qu'est-ce que ça devait devenir et c'était ardu), j'ai tout réécrit en gardant en tête ce que j'avais construit de Stanley la première fois.
J'ai eu beaucoup plus de mal à avancer parce que j'avais beaucoup moins d'énergie positive à mettre dans la bataille.
Alors j'ai fais le Nano parce que je voulais m'obliger à me dévouer à ce livre.
J'ai mis le reste entre parenthèse et j'ai vu le livre couler sous mes doigts, c'était tellement facile.
Je refaisais des plans tout le temps par contre.
Je suis devenue maniaque du plan. Mais ça reste un peu flou jusqu'à ce que j'arrive au moment et puis quand j'arrive au moment je refais un plan. Et encore un plan. Et encore un.
En tout j'en ai fais six grands généraux.
Puis plein de tout petit arcs gribouillés un peu partout.
Mais je ne sais pas commencer avec une ligne tracée parce que j'ai besoin que le cadre reste souple, je n'ai pas encore élucidé tout le mystère avant d'arriver au moment où je vais écrire le passage.

Du coup si je te résume les étapes d'écriture :
- Un an de premier jet tout bazar
- Un an et quelques mois o ù j'ai condensé le bazar et où j'ai tout réécris comme si c'était un tout nouveau roman.

Et maintenant je me sens tout vide.
J'ai pas envie de me mettre à la correction. Parce qu'il va falloir dire au revoir à Stanley, un peu - et je sais pas trop comment faire je t'avoue. C'est mon premier roman et j'ai mis beaucoup trop de moi partout, et puis j'ai massacré allègrement tout le monde parce qu'il fallait de la souffrance de l'hyperbole tout ça tout ça (hé on est des Romantiques frustrés d'être nés trop tard ou bien).
Puis je sais pas quoi faire. Après.
Genre tout ce que j'ai à faire soit ça y ressemble trop soit c'est des choses qui vont demander beaucoup de réflexion parce que construire des mondes fantastiques ça se fait pas comme ça (et puis c'est difficile pour moi la narration mais j'arrive pas encore à bien casser les codes narratifs du roman fantasy) soit c'est des choses je sens qu'il faut que je grandisse un peu encore.
C'est difficile de grandir.

Comment tu survis au livre terminé ?
Je me sens comme un écrivain en papier mâché.