lundi 3 juin 2013

Le regard des autres (ou pourquoi c'est le mal)

 Voilà, après trois brouillons écrit en cours d'histoire sur ce thème, je vais au final partir en impro. On m'en veut pas, hein.

Donc, allons-y.
Depuis que je me suis teint les cheveux en rouge (et non, cher ex voisin de math, ils ne le sont plus)(c'est bien trop long comme surnom, en fait), j'ai remarqué pas mal de changements en moi. Genre j'ai décidé, sur un coup de tête ou presque, d'enfin oser arborer ce style que j'aimais tant.
C'est étrange. Je suis passé de la Tiphaine invisible (prénom pourri, bonjour) à...bah...une fille qu'on remarque.
Du coup, le regard des autres, que je prenais tant de soin à éviter, je n'ai pas eu d'autre choix que de l'affronter. Et tu sais quoi ? Je commence même à m'en foutre.
C'est un truc dont je me serais jamais sentie capable.

J'ai toujours été gouvernée par l'opinion que les autres avaient de moi. Qu'est ce que ça m'a apporté ? Euh. Des coupures. Pour être brève.
Aujourd'hui, je ne peux pas encore dire que je m'en fous complètement, mais j'ai accepté l'idée qu'il y aurait toujours des gens pour trouver à redire à ce que je fais.

Cependant, à chaque fois que quelqu'un me fait une remarque négative, il y a toujours quelqu'un pour me dire "laisse-tomber, il est con".
Non, mon ami.
Enfin, pas toujours.
J'ai été le genre de fille à juger les autres (des claques à moi-même !). Ceux qui osaient faire ce que moi, je n'osais pas, je passais mon temps à m'en moquer, à les critiquer.
Parce que au fond, j'étais jalouse. Mais vraiment, très jalouse. Je détestais que les autres réussissent à oser des choses qui se remarquaient alors que moi même invisible j'avais encore l'impression de déranger. J'avais en horreur les gens qui se sentaient bien dans leur peau et qui se moquaient de ce qu'on pouvait bien penser d'eux. Alors je leur cassais du sucre sur le dos. Parce que moi je n'y arrivais pas, à m'en foutre.
Alors aujourd'hui, quand je vois des filles "lambda" (je déteste ce terme) qui m'interpellent alors que je vais chez ma psy (seule, donc)(terrifiée, donc) pour me dire qu'elles aiment bien mes cheveux sur un ton absolument ironique, je ne peux m'empêcher de penser à moi, quand j'avais 13 ans, qui me moquaient des gens qui sortaient un peu de l'ordinaire parce que je n'avais pas le courage de faire pareil.

Maintenant, cela m'indiffère, ce que les autres font et pensent. Je fais ce que je veux, je pense ce que je veux, et ils font de même. Me rendre compte à quel point leur jugement m'était insupportable m'a permis de prendre conscience que je n'avais pas, moi, à les juger.

Mais il y en a toujours qui ne supportent pas ça, qu'on puisse se moquer de leur jugement. Alors ils insistent.
Ma petite sœur fait parti de ces gens-là (et je ne peux pas lui en vouloir, je l'ai tellement blessée parce qu'elle avait l'air tellement mieux que moi, plein d'amis, de petits amis, tellement plus jolie et intéressante que moi)(et maintenant, elle galère, et c'est ma faute)(connasse que je suis).
Tous les jours ou presque, elle me dit que mes cheveux sont horribles. Que je suis moche. Que mon rouge à lèvres fait pute. C'est l'une des seules personne (la seule, je crois) qui me répète que je suis grosse (et dieu sait que j'aime pas l'entendre).
Sauf que depuis que je m'en fous, ça empire. Et ça commence à me taper sur le système.
Non, je n'ai pas envie de complexer pour que les autres puissent se sentir bien. Non, je ne veux pas me rabaisser pour faire plaisir au monde.

Laissez les gens être et faire ce qu'ils veulent. Et si ils veulent se sentir bien dans leur peau alors qu'ils sont trop petits, trop gros, trop maigres, trop blonds, trop quoi que ce soit, tant pis. Si une fille se sent bien en minishort alors qu'elle est grosse et que tu trouves ça moche, on s'en fout, c'est son corps, et elle décide de le montrer ou pas. Idem pour la fille hyper maquillée que tu traiteras de pute. Ou pour le vieux habillé comme un jeune. Ou pour l'adolescent un poil efféminé. Concentre toi sur ce que tu veux être toi, et laisse les autres faire de même.
C'est tout.

Petite note de la fin : je dis "tu" et "vous", mais ne vous sentez pas visé personnellement (enfin, vous pouvez, mais voilà quoi)(c'est pas automatique), c'est juste que le "on", je le trouve impersonnel et fourbe.

6 commentaires:

  1. Un gars formidable ce voisin de maths !


    Tesla

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    1. Oui.
      (mais chut, ce sombre personnage passe par ici)

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  2. Tu en as déjà discuté avec ta soeur ?

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    1. Pas de vive voix. On ne discute pas de vive voix dans ma famille ^^
      Et même pas du tout en fait.
      J'ai fait pire, en fait. J'ai lu son journal intime.

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    2. Sacrément. (mais ça a permit une avancé dans nos relations)

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